Conseils Techniques

Sommaire :

1 - Date de plantation
2 - Méthode de plantation
3 - Choix Porte greffe / variétés
4 - Les besoins en engrais


5 - Maladies & traitements
6 - Taille
7 - Eclaircissage
8 - Désherbage

 

Si vous souhaitez planter des arbres fruitiers dans votre jardin voici quelques conseils :

Ici je prendrai comme exemple un ABRICOTIER !

 

1- Date :

- Planter de Novembre (exemple sainte Catherine) à Février pour des racines nues.

- Si vous planter en pot vous pouvez planter toute l'année.

- Préférez planter en lune descendante en évitant les nœuds lunaire ! (il y a d'autres jours à éviter mais pour plus de détails je vous conseille le livre sur la lune de Michel Gros le meilleur à mon sens).

 

2- Méthode :

- Vous pouvez préparer votre sol avant plantation avec du fumier de cheval (je vous conseille de le préparer au moins un an avant) et d'éradiquer les mauvaises herbes durant cette même année pour avoir un sol propre et amender afin de planter dans de bonne condition.

- S'il s'agit d'un scion (comme c'est souvent le cas) commencez par couper les racines abimées de votre plant.
- Faites un trou d'une quarantaine de cm de profondeur sur un sol pas trop compacté sinon décompactez le avant (travail du sol voir livre de la lune).

- Au fond du trou vous pouvez soit ne rien mettre soit mélanger un terreau de plantation (exemple angiplant) ou de la corne avec de la terre ou mettre un engrais lent type Agroblen (toujours mélanger à la terre).

- Positionner votre arbre dans le trou avec la greffe orientée face à la tramontane, les racines doivent aller vers le bas et non pas en remontant, c'est pourquoi au fond du trou on fait une sorte de pyramide et non une cuvette.

- Une fois en place, recouvrez de terre sans enterrer la greffe et en laissant un creux pour arroser le plant (10 à 20L suffisent).

-Arroser soit avec de l'eau seule soit avec de l'eau couplée à un stimulant racinaire (Alegro) qui favorise grandement la pousse de radicelle essentielle à l'arbre.

- Une fois arrosé et l'eau percolée, recouvrez de terre de sorte à faire plat ou en bute selon le sol et la zone.

- Enfin rabattez votre plant avec un sécateur soit à environ 40-50cm du sol mais l'arbre démarrera bas et sera facile à cueillir, soit vers 80cm à 1m ce qui vous gênera moins pour passer mais sera plus difficile à cueillir (prévoir une échelle) et produira plus tard.

- Vous pouvez mettre du cicatrisant sur les plaies de taille (pour pinailler).

- Vous pouvez l'arroser 15 jours après s'il n'y a pas eu de pluie et s'il fait trop sec.

- En suite l'arrosage se fait régulièrement à partir du mois d'avril jusqu'en octobre (s'adapter selon la météo).

- Lorsque l'arbre démarrera bien au printemps on conseille souvent de rabattre au sécateur les branches à 30-40cm de longueur, on peut également les laisser pousser sans les rabattre si elles se positionnent bien, c'est une question de choix, à adapter selon la variété et ce que l'on souhaite faire mais dans les 2 cas cela ne pose pas de problème. Vous pouvez aussi les laisser pousser et les attacher en arcure.

- Si le vent souffle trop fort sur sol humide votre arbre risque de pencher vous pouvez l'attacher à un piquet aussi la 1ere année.

- Vous pouvez mettre un filet si vous avez des attaques de lapins.

- Penser à éviter que l'herbe ne vous gagner et concurrence l'arbre.

- Distance de plantation : soit 5x4m / 6x4m ou 6x5m.

PS : photos pour illustrer à venir...

 

3- Choix du Porte greffe et de la variété : En abricotier

3-1 Pour le porte greffe, c'est à dire le support sur lequel la variété que vous avez choisie sera greffée dessus, il en existe de différentes sortes :

a. Le franc d'abricotier

-> le manicot GF1236 
- forte vigueur
- pas de drageon
- mise à fruit : lente
- production : bonne
- maturité : un peu en retard
- adaptation au sol assez large palette
- asphyxie racinaire : sensible
Bon résultat en sol sablo-limoneux mais peu utilisé

b. Le franc de pêcher

-> GF 305 ou Montclar
- vigoureux
- pas de drageon
- mise à fruit : rapide
- production : bonne à très bonne
- maturité : normale
- adaptation aux sols filtrants si possible non chlorosants même s'il tolère
- asphyxie racinaire : très sensible

Porte greffe le plus couramment utilisé.

-> Rubira
- peu vigoureux
- pas de drageon
- mise à fruit : très rapide
- production : très bonne
- maturité : normale
- adaptation aux sols filtrants bien irrigués
- asphyxie racinaire : sensible

Porte greffe moins utilisé à cause de sa vigueur moins forte mais présente bien des avantages notamment une bonne résistance à la bactériose (maladie qui fait mourir l'arbre et dont l'abricotier est assez sensible). Le choix d'un mauvais porte greffe avec votre sol et l'abricotier peut mourir rapidement par asphyxie ou bactériose. Ce porte greffe peut être associé aussi à des variétés très vigoureuses afin de calmer l'excès de vigueur ou pour faire du verger piéton. Il a de plus ne plus de succès.

c. Les portes greffes Prunier

-> Myrobolan P 1254
- vigoureux
- pas de drageon
- mise à fruit : rapide
- production : bonne
- maturité : un peu de retard
- adaptation aux sols à éléments fins
- asphyxie racinaire : assez résistant

Un des meilleurs Myrobolan.

-> Myrobolan GF31
- vigoureux
- pas de drageon
- mise à fruit : rapide
- production : bonne
- maturité : un peu de retard
- adaptation aux sols à éléments fins et lourds éviter les sols chlorosants
- asphyxie racinaire : résistant

Si bien adapté, résultats intéressants mais sensible à la verticilliose et bactériose.

-> Myrobolan B / GF 2980 / P 2175 / semis / fercino  : très peu utilisés, je passe.

-> Torinel
- moyennement vigoureux
- drageon très nombreux
- mise à fruit : normale
- production : bonne à très bonne, calibre moyen
- maturité : un peu en avance
- adaptation aux sols à éléments fins et lourds
- asphyxie racinaire : très résistant

Un des plus utilisés un certains temps car il résiste bien aux sols lourds et asphyxiants. Eviter en sols fatigués à cause de sa vigueur moindre. Par contre son plus gros inconvénient sont ses drageons très importants et épineux qui font qu'il est de moins en moins utilisés de nos jours.

-> Toriplus MP8
- assez vigoureux
- pas de drageon
- mise à fruit : rapide
- production : bonne
- maturité : normale
- adaptation aux sols à éléments fins
- asphyxie racinaire : tolérant

Il s'apparente au Torinel sans ses inconvénients.

-> Isthara
- moyennement à bonne vigueur
- pas de drageon
- mise à fruit : rapide voire avancée
- production : excellente
- adaptation aux sols à éléments filtrants à limono-argileux
- asphyxie racinaire : moyennement sensible
Polyvalent et intéressant agronomiquement.

-> Julior
- moyennement vigoureux
- drageons importants
- mise à fruit : bonne
- production : bonne
- adaptation aux sols à éléments fins et lourds
- asphyxie racinaire : résistant
Porte greffe peu intéressant et des inconvénients comme Torinel. Lui préférer Isthara.

-> Plumina

- faiblement vigoureux voire nanisant
- drageons importants
- mise à fruit : très rapide
- production : très bonne
- maturité : avancée
- adaptation aux sols à éléments fins et lourds éviter les sols chlorosants

Il est très rarement utilisé, peu susciter un intérêt en verger piéton.

-> Citation zaipime
- moyennement vigoureux
- pas de drageon
- mise à fruit : rapide
- production : bonne et bon calibre
- maturité : avancée
- adaptation aux sols limono-argileux et très sensible à la chlorose
- asphyxie racinaire : tolérant

Ses atouts demeurent dans sa maturité avancée et son potentiel de calibrage mais le revers de la médaille est son exigence élevée notamment sur le type de sol qui ne pardonne pas !

-> Mariana GF 8-1
- très vigoureux
- drageon important
- mise à fruit : lente
- production : bonne
- maturité : un peu de retard
- adaptation aux sols à éléments fins, assez polyvalent
- asphyxie racinaire : résistant
et résiste à la sècheresse
Comme il a une mauvaise affinité avec les variétés il est utilisé souvent comme intermédiaire car il offre malgré tout des avantages variés.

-> Reine claude
Il n'est plus utilisé sauf en intermédiaire avec GF8-1.

 

d. Amandier x pêcher

-> GF 677
- très vigoureux
- pas de drageon
- adaptation aux sols filtrants
- asphyxie racinaire : très sensible

Ce porte greffe permet souvent de faire face à des problèmes de replantation ou aux sols chlorosants. Attention mauvaise affinité il lui faut souvent un intermédiaire.

 

Conclusion :
Sol léger et filtrant (limoneux) : utilisez Montclar ou rubira
Sol lourd et fins (argileux) : utilisez Toriplus mp8 ou myrobolan ou "GF8-1+RC"
Sol intermédiaire : utilisez isthara ou manicot, même tous les autres cités ci-dessus peuvent passer. Après il suffit de bien les mener.

Néanmoins si vous n'êtes pas capable d'identifier votre sol, vous pouvez faire une analyse de sol avec granulométrie (surtout penser à demander la granulométrie) ainsi vous connaitrez votre sol ainsi que les éléments nutritifs en manque ou en excès.
La centrale d'achat agricole fait ces analyses et bien d'autres.

 

3-2 : Pour les variétés, il existe les autofertiles (pas besoin de pollinisateurs) soit les autosteriles (besoins de un ou plusieurs pollinisateurs).
 

Il faut savoir que chaque variété a ses propres caractéristiques :
- autofertile ou autstérile
- vigoureux ou peu vigoureux
- plus ou moins sensible à certaines maladies
- des besoins en heure de froid (<7°) plus ou moins importants donc à adapter selon les régions. Inutile de préciser qu'en Roussillon les heures de froid sont faibles !
- fermeté
- calibre
- coloration
- production (éclaircissage ou non)
- Rapport Sucre (brix)/acidité
- tenue
- parfum
- gout
- date de maturité
etc. le tout associé à un porte greffe et à un terroir en plus du mode de conduite qui donne (en plus selon les années et la météo) des résultats différents d'une parcelle à une autre. On ne peut généraliser...

Je présenterai des variétés dans ma rubrique "Fruits". Actuellement la période en abricot débute de début mai à fin septembre grâce à une gamme variétale de plus en plus étalée et variée et qui ne cesse de s'agrandir d'année en année. De même qu'il existe en dehors de l'abricot oranger ou bicolore une gamme rouge et blanche et bientôt combinée.

Enfin, pour finir sur les variétés, s'il faut les polliniser, il est recommander de les encadrer par 2 autres variétés pollinisatrices au cas où selon les années les floraisons sont décalées (ce qui arrive de plus ne plus). Surtout vérifier que les variétés soient compatibles car certains pollens ne le sont pas ! Et ne pensez pas que les amandiers sauvages vont polliniser au contraire !

On peut rajouter des ruches éventuellement pour améliorer la pollinisation. Personnellement je n'en mets pas et je n'ai jamais eu de problèmes à ce jour.

 

4- Engrais

Pour les fertilisants NPK il en existe de toutes sortes mais pour comprendre il faut connaitre les éléments dont a besoin la plante. Tout excès ou carence demeure nocif pour la plante.

L'azote (N) :

L'azote sert surtout pour :

- La croissance
- Les bourgeons
- Multiplication cellulaire des fruits
- Fécondation et nouaison

Si les feuilles jaunissent ou faible vigueur un manque d'azote peut en être la cause mais attention le jaunissement peut être dû aussi à d'autres carences !

Vous pouvez amener autour des 80 unités d'azote le complément étant assuré par la matière organique et son cycle.
 

Cet apport se fait en 3 fois :

- Une partie juste avant la floraison (bouton rouge ou bouton blanc) fin février
Exemple : un Apex 21 15 ou Apex 20 12 en engrais binaire ou Entec (environ 500g / arbre suffisent largement)

- Une partie pendant le grossissement du fruit en avril
Exemple : Un nitrate de potasse 18 46 ou KSC équivalent (200g / arbre)

- Une partie pour la mise en réserve fin aout (très important pour l'année suivante)
Exemple : Ammonitre 33.5 ou Apex 23.5 (500g / arbre)

 

Le Phosphore (P) :

Le phosphore sert surtout pour :

- La respiration
- Développement racinaire
- Résistance immunitaire
- Division cellulaire et nouaison
- L'absorption du calcium (Ca)

Si carence il y a, alors votre floraison sera faible, les fruits chutent et le feuillage sera petit voire pourpre. Attention dans nos sols calcaires il y a des blocages de ces éléments.
Une faible floraison n'est pas forcément due à cela, le manque de froid peut en être la cause car chaque espèce à des besoins en froid plus ou moins important.

Vous pouvez amener entre 20 et 30 unités de phosphore. Cela se fait en association avec des engrais binaire cités plus haut (exemple Apex 21 15 ou 20 12).
 

Le Potassium (K) :

Le potassium sert surtout pour :

- Division cellulaire Photosynthèse
- Sucres et protéines
- Facilite le transport d'éléments

Si vous avez une carence les feuilles jaunissent également plus vers les bords, mauvaise maturité et colorations des fruits, mauvaise floraison.

Vous pouvez apporter entre 90 et 140 unités de potasse. L'essentiel se situe pendant le grossissement du fruit de avril à mai avec des engrais binaires cités plus haut (Exemple : nitrate de potasse ou KSC équivalent). La cendre contient de la potasse... si vous vous chauffez au bois. Tous les arbres fruitiers sont gourmands en potasse.
 

Le Calcium (ca) :

Le calcium sert surtout pour :

- Développement structurel
- Protection feuilles et fruits
- Assimilateur de certains éléments
- Agent antitoxique

La carence provoque un faible développement et une sensibilité accrue aux parasites.
Les besoins en CaO sont importants. Il faut l'apporter avant plantation via des amendements de préférence. A voir selon votre sol.


- Le Magnésium (Mg) :

Le magnésium sert surtout pour :

- Photosynthèse
- La respiration
- Qualité des fruits
- Fécondation
- L'assimilation d'éléments

La carence se caractérise par une défoliation, retards de croissance et racines et fruits petits.
Les besoins en MgO sont de 35 unités environ. Meilleur est votre sol structure, porosité) meilleure sera l'absorption. Il est surtout absorber du printemps pour atteindre son maximum début de l'été.

 

Les éléments mineurs :

- Le Fer (Fe) : rôle enzymatique et chlorophyllien
- Le Zinc (Zn) : rôle chlorophyllien
- Le Manganèse (Mn) : rôle chlorophyllien
- Le cuivre (Cu) : rôle respiratoire
- Le Bore (B) : rôle cellulaire, sur le pollen et migration de sucres.
Attention au sols salés (Na) et chlorique (Cl).

 

Conclusion :

Toujours bien préparer son sol longtemps avant plantation par des amendements organiques (fumiers, attention à celui des poules très bon mais qu'il faut maitriser). Vous pouvez broyer vos branches, tondre l'herbe, amener du compost, mettre de la cendre etc sont d'autant d'éléments nutritifs que vous restituez au sol pour que votre plante puisse en profiter dans le temps. Le 66 est un département où l'on manque souvent de matière organique (MO) et pourtant si indispensable. La présence de vers de terre est un bon indicateur dans la transformation de la MO en humus. Vous pouvez faire des apports de matière organique tous les automnes (plusieurs kg par arbre). Il existe de nombreux fournisseurs (Angibaud, Frayssinet, Timac, Sobac etc.) mon conseil est de les acheter dans des magasins agricoles spécialisés (La centrale, Belloc, Magne...) car les jardineries sont hors de prix ! (Exemple : une tonne d'engrais organiques en magasin spécialisé tourne autour de 400€ et la même tonne tourne entre 3000 et 6000€ en jardinerie). Comme pour vos aliments en supermarché au lieu de ramener au kilo vous ramenez à la tonne ou au litre.

L'irrigation permet d'acheminer aussi les éléments minéraux et alimenter la plante mais attention les arbres fruitiers n'aiment pas l'excès d'eau et attention de ne pas lessiver les éléments nutritifs.  Vous pouvez faire de l'aspersion ou du goutte à goutte.

Il existe des engrais au sol ou foliaire. Vous pouvez aussi utiliser des purins (ortie, prêle).
L'eau de pluie est souvent la meilleure.
Le 66 dispose d'une palette de sols très diversifiés dont il faudra en tenir compte. La tendance est sol calcaire à Ph alcalin qui bloque beaucoup d'éléments nutritifs.

Les arbres ont un besoin annuel.
Il est conseillé de ne pas planter plus de 2 fois au même endroit, il faut diversifier ou déplacer.

 

5- Les maladies, ravageurs et traitements :

Tous les arbres fruitiers possèdent des maladies soit en commun soit qui leurs sont propres. Quelques exemples :
Arbres à faibles traitements : Figuiers, oliviers etc.
Arbres à traitements moyens : Abricotiers, Cerisiers, Amandiers, Pruniers etc.
Arbres à forts traitements : Pêchers, Pommiers, Poiriers etc.

Si on prend toujours l'exemple de l'abricotier :

 

Les principales maladies sont :

- La bactériose (bactéries)
- La moniliose (champignon)
- L'oïdium (champignon)
- l'ECA ou enroulement chlorotique (transmise par un psylle)
- La rouille (champignon)

Les mineures ou inexistantes en 66 :

- Le corynéum
- La tavelure
- La verticilliose (champignon)
- La sharka (mais importante sur pêchers)

 

Les "ravageurs" sont :
- Le capnode
- Le forficule (pince oreille)
- Petite mineuse
- La tordeuse orientale
- Les mouches (exemple Suzukii, ceratite)
- Les pucerons
- Les campagnols


Là où le 66 est privilégié par rapport aux autres départements français c'est que notre climat, plus venté et sec permet un développement diminué des maladies voir certaines inexistantes par rapport aux autres départements. Ainsi on peut se permettre de moins traiter qu'ailleurs.

 

5.1 - Les maladies

a. La bacteriose :
Bactéries présentes dans le sol naturellement mais qui selon les conditions climatiques et selon le mode de conduite de l'arbre entrent en action et provoque la mort de l'arbre sur le plus ou long terme.
Cela se caractérise par des chancres noirs et/ou de la sève brune qui s'écoule au niveau du tronc. L'arbre de dessèche partiellement ou totalement et meurt.
Il n'existe aucun moyen de l'éradiquer, on peu limiter les dégâts avec un badigeon au tronc de cuivre rouge (type nordox 75) début de l'automne. Chaque variété a sa sensibilité et un mauvais choix de porte greffe accentue cet effet. On peut limiter l'attaque par un greffage haut (environ 80cm). Eviter de taille en hiver, tailler d'aout à septembre.
Certains font une bouillie bordelaise (Cuivre) début février mais l'efficacité n'a jamais été prouvée.

b.La moniliose :
Ce champignon S'attaque surtout pendant la floraison en période humide et s'observe par un dessèchement et des fleurs et des rameaux. Il est important de retirer les branches atteintes et de les brûler sinon les spores restent et contaminent l'année d'après.

Il existe un traitement permettant de sauver sa récolte avec un "Switch" à placer en pulvérisant l'arbre à bouton blanc juste avant floraison. Il n'existe à ce jour aucune alternative réelle à ce traitement mais des pistes sont à l'étude et prometteuse à base d'huiles essentielles. Il y a également le Topsin qui agit contre le Monilia.
Le monilia est sans doute la maladie la plus redoutée des arboriculteurs.

c. L'oïdium :
Ce champignon qui touche beaucoup de fruits et légumes ou plantes quasiment, se remarque par des taches circulaires blanches sur le feuillage et les fruits. On commence à le voir 1mois après floraison sur les fruits et un peu plus tard sur les feuilles, surtout si période humide (le vent répand les spores).

Pour lutter contre l'oïdium, il y a le soufre produit naturel ou bien une multitudes de produits (indar, impala, score, systhane, nimrod, signum, ... j'en passe). Vous pouvez traiter dès la fin de la floraison et arrêter avant récolte. Et faire un dernier traitement après récolte vers la mi aout par exemple pour éviter l'oïdium sur feuille qui pénalise l'activité chlorophyllienne.

d. La rouille :
Ce champignon se remarque en septembre souvent sur certaines variétés par des taches couleur rouille qui empêche une bonne activité chlorophyllienne et peut amener à la défoliation. Vous pouvez traiter en mai/juin en préventif ou en aout par exemple avec du dithane M45.

e. l'ECA :
Ce phytoplasme (bactérie sans paroi) provoque un dérèglement de l'arbre et se repère facilement car l'abricotier se met à faire des feuilles (parfois quelques fleurs associées) avant la floraison de façon assez précoce (janvier/février). L'arbre doit être abattu immédiatement car il est contaminé. dans le 66 l'ECA est un fléau dont on doit en limiter l'expansion par l'abattage des arbres contaminés (si cela n'est pas fait, une amende peut vous être attribuée).
Le psylle (insecte) vecteur de la maladie (il en est l'hôte) et contamine les arbres par piqûres. Ils sont présents de février à juillet. Ils aiment particulièrement les pruneliers, pruniers, moins les abricotiers mais souvent en 66 on greffe sur prunier à cause de nos sols et attirent les psylles durant leurs vols à travers les rejets du prunus.

2 moyens de lutte :
soit avec un insecticide type karate zeon/xpress ou decis protect avant floraison puis après floraison toutes les 2 semaines jusqu'à avant récolte.
soit avec de l'argile, plus naturel homologué AB, type kaolinite qui crée un voile blanc sur l'arbre et le fruit pour dissuader le psylle.

f. Le corynéum :
Ce champignon se développe en période humide en début d'année et affecte les feuilles et fruits. On l'identifie facilement car cela comment par la présence de plein de petits points grisâtres aux contours violacés
qui s'agrandissent et prolifèrent partout et finit par laisser place sur les feuilles à des trous partout (maladie criblée) et tache fortement les fruits, impropres à la commercialisation.
Il faut agir préventivement au début d'année avant floraison avec du cuivre type Bouillie Bordelaise ou Nordox 75. Si la maladie est développée après floraison il reste le seul traitement efficace avec du Delan mais de plus en plus difficile à trouver et qui risque de disparaitre.

g. La tavelure :
Je passe rapidement, on repère par des taches grises ou noires sur les 2 faces de la feuille et taches rouges ou noires sur fruits de façon circulaire.
Traitements mas/avril en préventif.

h. La verticilliose :
Rapidement, flétrissement soudain des feuilles de quelques pousses en été; puis cela peut atteindre les branches ou l'arbre. Lorsque l'on coupe une branche affectée on peut voir des anneaux marrons (comme sec) circulaires. 
Aucun moyen de lutte le sol est contaminé, l'arbre va mourir.

i. La sharka :
Ce virus (fléau sur pêchers) affecte l'arbre par des pucerons et se remarque par un feuillage à la fois foncé et clair comme plein de petites taches. Sur fruits on observe des taches de décoloration un peu partout et le noyau est tacheté. Il faut arracher l'arbre.

 

5.2- Les ravageurs

Les ravageurs au sens large :

a. Le capnode :
Il s'agit d'un coléoptère noir (une sorte de cafard dur) qui grignote la tige des feuilles et on peut remarquer leur présence par des rameaux dépourvus de feuilles. Lorsque que le capnode vous voit il tourne autour de la branche pour se cacher et si vous le repérer il se laisse tomber par terre. Rare lorsqu'il s'envole. Même si ces dégâts sont pas trop importants, le gros problème réside dans leurs larves qui elles, sous terre, pénètrent les racines et font des galeries affaiblissant l'arbre et à la longue peuvent causer sa mort.


Pour lutter, repérer les adultes et arracher leur la tête (tellement dur qu'on ne peut les écraser) et ils n'ont pas de prédateurs à part nous. Pour les larves dans le sol rien à faire si ce n'est d'humidifier la zone de l'arbre (du tronc et tout autour) car ils n'aiment pas pondre dans des sols trop humides. Fléau dans le 66.

b. Le forficule (pince ou perce oreille) :
Ce petit ravageur, aime l'été grimper dans les arbres (comme les fourmis) pour se mettre à l'ombre dans les fruits et les grignoter en même temps pour se nourrir surtout la nuit. En effet, le jour ils se cachent et la nuit sortent manger les fruits.

Moyen de lutte :
Soit avec un insecticide type karate ou decis la nuit mais peu recommandé par c'est juste avant récolte.
Soit mettre les badigeons de colle prévus à cet effet pour leur éviter de monter sur les arbres (Exemple : Rampastop, efficace 8 semaines).
Soit mettre un bout de tuyau fermé d'un côté et ouvert vers le bas accroché au tronc et tous les jours passer avec un sceau récolter les forficules. En suite vous les faites griller en friture plein de protéines ;)

c. Petite mineuse Anarsia / La tordeuse orientale :
Ces papillons
pondent et ce sont leurs chenilles qui provoquent le plus de dégâts. Si vous manger un fruit véreux vous le jetez aussi sec !
Pour éviter cela, il existe des pièges à confusions sexuelles type RAK 5 à positionner en avril (néanmoins il faut couvrir un surface importante pour avoir une bonne efficacité).

d. Les mouches  :
La mouche pique le fruit et pond, le fruit deviendra véreux. Il existe des pièges à mettre sur l'arbre (Decis trap ou magnet med). On peut faire des pièges maison : c'est une bouteille trouée (trou de 6 à 8mm) d'environ une vingtaine de trous sur le pourtour de la bouteille vers le milieu et sur 2 rangs.
A l'intérieur vous y mettez la mixture suivante :
- 10 L eau
- 2kg de sucre
- 1/2 verre de sirop de grenadine
- 1 cube de levure e boulanger
- 4 gouttes de liquide vaisselle
Remplissez la bouteille jusqu'à ras les trous et maintenir ce niveau constant.
Eviter de placer les bouteilles au sud au soleil ou côté vent tramontane sinon elles s'évaporent vite. Plus vous mettrez de pièges mieux ce sera mais l'idéal étant de couvrir une surface de 1ha minimum (sauf si on ne peut pas). On peut varier les pièges aussi. Ils s'utilisent sur toutes cultures et toutes saisons.

e. Les pucerons :
Rarement attaqués par les pucerons, les abricotiers sont infestés au printemps/été. 
Cela n'est pas vital pour l'arbre. Souvent ce sont les fourmis qui transportent les pucerons sur les jeunes poussent pour récupérer le miellat dont elles se nourrissent. Alors attention aux fourmis (rampastop est votre allié).

d. Les campagnols (sorte de taupe) :
Ils attaquent rarement les racines des arbres mais s'ils sont en nombre trop important ils peuvent grignoter les jeunes plants. Vous pouvez détruire régulièrement leur galerie voir l'inonder avec un tuyau, il finira bien par sortir et vous l'attraperez.

 

Conclusion :

Si vous avez un jardin, à part la Bouillie Bordelaise (sans excès, une fois par an suffit avant floraison) et l'oïdium que je vous conseille de traiter en préventif ou curatif avec du soufre. Le reste vous pouvez ne pas traiter (sauf si vous le souhaitez par sécurité notamment à bouton blanc pour le monilia) mais agir en conséquence de ce que vous repèrerez. Une bonne santé et alimentation de l'arbre reste malgré tout sa meilleure défense.
Vous pouvez les renforcer avec de l'ortie qui vous enterrez avant plantation également puis en vous en servant comme engrais liquide avec de l'eau et en traitement foliaire.

 

6 - La taille

La taille des arbres fruitiers varie d'une espèce à l'autre.

Si je prends le cas de l'abricotier, on le taille de aout à octobre afin de limiter la vigueur et les maladies. Si vous voulez plus de vigueur on le taille en février avant floraison.
La forme est dite en gobelet.

Vous taillez les nouvelles pousses (gourmands) qui sont au centre de l'arbre (dans la cage) de façon à aérer et laisser pénétrer la lumière et faciliter la cueillette.

Vous pouvez couper les branches qui tombent par terre ou les raccourcir pour ne pas toucher le sol avec la charge des fruits à cause des forficules et fourmis.
Enfin vous pouvez tailler tout ce que vous juger trop haut (exemple au dessus de 2.50m) pour ne pas avoir à utiliser d'échelle.

Pour les plaies de tailles trop importantes supérieur à 3cm de diamètre, vous pouvez mettre un cicatrisant.

 

Vous pouvez tailler en vert au printemps (avril/mai) en coupant les jeunes pousses tendres qui donneront les gourmands rigides après l'été. Ainsi, les plaies sont infimes, il y aura moins de taille par la suite et une meilleure exposition des fruits en limitant leur frottement. Valable pour tous les arbres fruitiers.

 

7- L'éclaircissage

L'éclaircissage est nécessaire que sur certaines variétés trop productives (kioto, flopria, orange rubis, mogador, flavor cot, robada, variétés tardives du mois d'aout, etc) mais la plupart n'en ont pas besoin.

Si vous voulez éclaircir pour avoir des fruits plus gros et un peu meilleur, l'idéal est d'éclaircir à la floraison en supprimant des fleurs mais réservés aux connaisseurs (kioto pas de problèmes par exemple) sinon à petits fruits avant durcissement du noyau au mois d'avril. Théoriquement autour des 1000 fruits par arbre est un bon choix.

Sur pêche, poire, pomme l'éclaircissage est obligatoire. Cerise inutile, abricotier rare, prunier rare ou inutile je pense sans connaissance à ce sujet. Figue, olivier inutile.

 

8- Le désherbage

Le meilleur des désherbages est celui que l'on fait régulièrement et à la bêche !
Il faut surtout éliminer les mauvaises herbes avant leur germination.
Il existe plusieurs types d'herbes. Les graminées, les vivaces que l'on classe en annuelle, bisannuelle etc.

Si toute fois vous avez trop de surface ou manque de temps pour le faire à la main régulièrement vous pouvez utiliser des désherbants.

3 types de désherbants :
- Les systémiques (Roundup)
- Les défanants (Basta F1)
- Les antigerminatifs (devrinol)
Il en existe d'autres évidemment.

La suite arrive bientôt...
 

 

 

Vous pouvez consulter ou acheter de nombreux livres sur les arbres fruitiers de préférence ceux du CTIFL et non des génériques.

Attention aux conseils sur internet de certains sites où je lis parfois des bêtises.

 

Si vous avez des questions n'hésitez pas à me contacter.

 

"Chez Roberte" vous remercie de votre lecture et de partager son savoir avec vous.

Rédigé par Chez Roberte